Pour une fois que je vais voir un film qui vient de sortir et qui fait le buzz, je vous donne mon avis.

Il y a quelques semaines, je me suis endormi avec une idée d'histoire à écrire super originale : ce serait deux astronautes qui se retrouvent dans l'espace sans possibilité de retourner sur Terre. J'ai gardé ça dans un coin de ma tête, faute de temps pour l'écrire sur le moment. Et puis la semaine dernière, je regarde les sorties ciné parce que pendant les vacances, c'est toujours l'occasion de voir un film ou deux et je tombe sur Gravity, dont tout le monde parle depuis des mois, apparemment dans le milieu cinématographique qui m'est étranger, bien sûr. Cette coïncidence (ai-je entendu parler du film il y a longtemps sans m'en rendre compte ? Possible), et le fait que la critique presse était unanime m'a convaincu d'aller le voir avec ma secrétaire.



Je n'aime pas particulièrement les films en 3D, et je ne souhaitais plus subir ça au cinéma, d'autant que cela pose des problèmes à ma secrétaire qui porte des lunettes, j'ai donc trouvé sur Allociné une séance en 2D, moyennant 10km de plus en voiture et l'impossibilité d'utiliser mes places réduites pour l'autre cinéma qui ne propose que des séances 3D.
Arrivé sur place, on m'annonce que la séance est finalement en 3D. DMC.

Cette fois-ci encore, la 3D ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Les couleurs sont ternes, les effets 3D loin d'être tout le temps saisissants, sont parfois gênants. C'est bien tout le problème de la 3D : soit on ne la voit presque pas, et ça ne sert à rien, soit elle est perturbante (les débris d'une explosion qui vous arrivent dessus et vous force à fermer les yeux). Finalement, il y a deux trois trucs amusants liés au fait que la majeure partie du film se passe en apesanteur, comme les larmes de Sandra Bullock qui s'envolent dans les airs comme le whisky du capitaine Haddock, mais c'est tout à fait dispensable.

Ce qu'il faut retenir de Gravity, c'est que c'est un film catastrophe. Je me souviens de ces films qui me foutaient la trouille étant gosse, des avions qui n'en finissent plus de se casser la gueule, et bien c'est à peu près la même chose, dans l'espace. Le synopsis officiel ne dévoile que le premier problème d'une longue série, et du coup, on ne s'ennuie pas pendant les 1h30 bien angoissantes du film. Conseil : si vous allez voir le film parce que vous adorez le calme et les images douces de l'espace infini, passez votre chemin.

Le film est foutrement bien réalisé, et je dis ça avec d'autant plus d'aplomb que je suis ignare en matière de cinéma. Tous les meilleurs trucs du cinéma sont ici parfaitement maîtrisés, tellement bien qu'on s'attend à tout ce qui devrait être inattendu. La musique qui s'intensifie quand il va se passer quelque chose de grave, le calme qui précède la découverte d'une atrocité difficile à supporter... Il y a aussi des images symboliques qui le sont tellement (symboliques) que leur évidence est presque désagréable (Sandra Bullock en position du fœtus).
C'est presque trop accessible pour être honnête et ça cache peut-être un manque de profondeur dans le scénario. Esthétiquement, c'est quasi parfait, sur les forums et dans les commentaires sur le web, on peut lire que c'est extrêmement réaliste, ou au contraire scientifiquement grossier, mais sauf à travailler un peu dans le domaine, ou s'intéresser à l'espace de façon pointue, ça tient à peu près debout, je crois. Mais le scénario, lui, se limite à celui d'un film catastrophe. Pas de double-lecture possible, pas de détails qui vous poussent à chercher plus loin, la portée conceptuelle du machin.

Bref, c'est un bon film avec du spectaculaire à chaque minute, mais qui ne vous fera pas réfléchir au delà des 1h30 de sa durée. Comme un feu d'artifice, c'est joli, c'est impressionnant, mais ça sert à rien.

Commentaires

1. Le vendredi, 25 octobre 2013, 16:44 par toto

(arrete de l'appeller ta secrétaire, ca (m')fout des boutons)

2. Le vendredi, 25 octobre 2013, 17:52 par toto

(nan mais fallait qu'j't'en parle, ca fait des années qu'ca m'perturbe)

3. Le samedi, 26 octobre 2013, 10:50 par Merome

@toto : ça vient de cet article : http://merome.net/blog/index.php?post/2006/01/24/180-ma-secretaire-particuliere

Tu le savais ?

4. Le dimanche, 27 octobre 2013, 12:09 par pierre

Salut,

Une autre critique de ce film:
http://www.rts.ch/couleur3/programm...

5. Le dimanche, 27 octobre 2013, 12:12 par pierre

une autre critique....qui rejoint la tienne.

6. Le dimanche, 27 octobre 2013, 20:52 par pierre

puisqu'il est sujet de cinéma, je me permets d'insister en faisant la pub de cette "radio" vraiment pas comme les autres...
http://www.rts.ch/video/couleur3/sc...

7. Le mardi, 29 octobre 2013, 09:07 par Bob

Vu hier soir : ça faisait longtemps que je n'avais pas été scotché comme ça à mon siège. L'ensemble du film est spectaculaire et je ne parle pas seulement des "grosses" scènes - qui sont effectivement époustouflantes, sans pour autant donner dans la surenchère.

Contrairement à toi je trouve que la 3D est utilisée à bon escient, présente tout le long du film. Elle parvient à apporter du volume et de la profondeur quand c'est nécessaire (et pour le coup dans l'espace, ça accentue bien les effets des distance) et n'abuse pas des effets ostentatoires faciles pour justifier sa présence.

Dans mon expérience des films en 3D, c'est le deuxième film que je vois réussir ça, après Avatar, et encore : dans Avatar la 3D était "seulement" bien conçue (ce qui est déjà beaucoup). Ici, je crois qu'en plus, voir le film "à plat" lui ferait vraiment perdre quelque chose d'essentiel.

En prime, la musique est bien conçue, là où il faut quand il faut, et (rare), sait laisser la place au silence.

Même Sandra Bullock est bien, c'est dire si tout est réussi dans ce film :)

8. Le mercredi, 30 octobre 2013, 13:51 par Merome

@Bob : c'est un film "cinématographique", je trouve. Il fera date dans l'histoire du cinéma par sa technique (pas seulement la 3D, les effets spéciaux... je parle aussi de la technique "narrative"), mais il n'apporte aucune réflexion de fond si ce n'est : "il ne faut jamais rendre les armes". Les histoires de Clooney sont parfaitement agaçantes aussi, et c'est un défaut de la plupart des films américains où ça cause tout le temps.

9. Le mercredi, 30 octobre 2013, 16:06 par Bob

Les histoires de Clooney ne m'ont pas gêné, ce n'est pas omniprésent et ça fait donne un petit peu de substance au personnage (déjà pas bien épais à la base).

D'ailleurs je trouve justement que Gravity est beaucoup plus calme que la moyenne sur le plan du son - essaye Insaisissables et tu vas vite comprendre la différence : non seulement ça cause tout le temps mais en plus même quand ça cause il y a de la musique de fond (malgré quoi le film reste agréable à regarder).

D'une manière générale cette omniprésence du son est quelque chose que je constate de plus en plus dans les productions récentes, quel que soit le public. Par exemple il y a une grosse différence d'occupation de l'espace sonore (notamment au niveau du rythme) entre Cars et Cars 2, que j'ai vus récemment avec ma grande.

10. Le mercredi, 30 octobre 2013, 18:39 par Merome

@Bob : tu es à fond dans le cinéma d'auteur en ce moment.

11. Le mercredi, 30 octobre 2013, 22:39 par Bob

Ben je ne te cache pas qu'avec ma grande, Miyazaki et Pixar fonctionnent mieux que Ken Loach ou les frères Coen.

12. Le dimanche, 3 novembre 2013, 17:06 par toto

(j'avais du le lire a l'époque) (oki, t'as raison c'est rigolo en fait) (fais des bisous a ta femme et aux gamins :) )

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