De la difficulté de saisir toute la complexité d'une scène filmée

Samedi, les gilets jaunes ont à nouveau battu le pavé à Paris comme ailleurs et de nouveaux conflits avec les forces de l'ordre ont eu lieu, parfois filmées comme celle-ci qui a retenu l'attention du secrétaire d'Etat Laurent Nunez qui l'a retweettée :

 

On voit que la scène est coupée au début et on se demande bien ce que ça cache, ce qui a pu se passer avant, pour comprendre si la violence apparente des manifestants peut s'expliquer d'une façon ou d'une autre, et quelques heures plus tard, lorsque le journaliste qui a filmé la scène a pu rentrer chez lui, il poste l'intégralité de la scène que lui a filmé :

On voit cette fois des manifestants apparemment tranquilles à qui les forces de l'ordre balancent des grenades de désencerclement dans les pattes sans raison apparente. Tout d'un coup, la colère des manifestants prend un sens, mais on n'a pas encore tout vu.

Il manque le contexte plus global de tout cela et il faut attendre encore quelques heures pour l'avoir, depuis un autre angle :

 

Juste avant la scène, les manifestants ne déambulaient pas gentiment : ils caillassaient et donnaient des coups de pieds aux véhicules de police...

Et on peut remonter ainsi très loin dans l'enchaînement des causes et des conséquences : à 46'10, on voit les manifestants surpris par une explosion ce qui les galvanise. Les manifestants étaient-ils dangereux à ce moment ? Le gouvernement a-t-il laissé le mouvement se durcir en faisant la sourde oreille ? Chacun, selon sa sensibilité, pourra justifier l'injustifiable, défendre tel ou tel camp.

Ce que je retiens de ce nouvel épisode de la guerre des comm', c'est qu'il faut prendre énormément de recul quand il s'agit de juger les forces de l'ordre et ceux qui s'y opposent. Ils sont tous les jouets d'enjeux qui les dépassent largement, une affaire qui dure depuis des siècles : la lutte des classes.

Je note également que pour un mouvement qui n'en finit plus de s'essouffler depuis des semaines selon tous les médias traditionnels, il reste un paquet de gens assez déterminés dans les rues pour en découdre avec les forces de l'ordre. La colère est toujours là, Emmanuel Macron aussi. Pour combien de temps ?

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