Pourquoi vendre toujours quand y a tant à donner ?

Quand un particulier se pose la question d'installer chez lui un appareil produisant de l'énergie propre, la première question qui se pose invariablement est la rentabilité financière de son investissement.
Par exemple, si un chauffe-eau solaire me fait économiser 200 litres de fuel par an, alors, dans 10 ans, mon investissement est rentabilisé. En revanche, si je mets une éolienne individuelle, et qu'il me faut 100 ans pour regagner ce que j'ai dépensé, c'est forcément un mauvais investissement.
C'est un calcul étrange et souvent faussé par le fait qu'on ne sait pas de quoi l'avenir sera fait. On ne connait pas les conditions météo du futur, ni le prix du fuel dans 10 ans et encore moins nos besoins en électricité et en chauffage sur une longue période. Cela ne nous empêche pas de décréter comme ça, sur un calcul de coin de table, s'il faut acheter ce truc ou non.

Bien sûr, on ne se pose la question qu'en terme financier, et jamais en terme de confort, d'intérêt écologique, de déontologie, ou je ne sais quoi d'autre. Comme si le pognon était devenu le critère universel qui permet de pondérer tous nos choix.
Pourtant, quand on y réfléchit bien, on achète une télé en pure perte, financièrement. Pire encore, l'achat d'une maison n'est jamais rentable, au contraire, on la paye pendant des années, et quand on a fini de la payer, il faut encore l'entretenir à grand frais. On se pose rarement la question du pognon quand on décide de faire un gosse ou de sortir avec sa secrétaire. Alors pourquoi diable quand il s'agit d'énergie renouvelable et d'écologie, il faudrait que tout soit rentable ?

Même les chauffagistes, pourtant intéressés par la vente et l'installation du matériel chez vous, rechigneront à vous installer un truc qui fonctionnera en pure perte. Mais bon sang, si je veux 50 m² de panneaux solaires sur mon toit, c'est mon affaire !

Qu'on se pose la question "essence ou diesel" quand on achète une voiture, passe encore, puisqu'au final, le service rendu sera le même. Mais si on en est à installer du renouvelable et de l'écolo, la question de la rentabilité me semble déplacée. On le fait parce qu'il faut le faire. C'est tout.

Commentaires

1. Le jeudi, 31 mars 2011, 23:30 par agase

@merome : tu prends là des raccourcis un peu trop rapidement.
Il n'y a déjà pas que dans l'achat de ce type de systèmes que l'on calcule la rentabilité. Pour une maison, une voiture aussi, on fait ce calcul. E t on considère que le retour sur investissement est rentable à partir d'un certain nombre d'années. En France par exemple, l'investissement dans une maison est considérée comme rentable à partir de 25 ans ? en Suisse c'est 99 ans (Ils ne sont jamais réellement propriétaire).
C'est la même chose souvent pour une télé, un ordinateur, un vélo, un frigo,...même si je te e concède, les industriels sont là pour te donner envie de changer plus souvent et de consommer toujours plus. Pour chaque matériel, on a généralement établi "une durée de vie acceptable (Chez soi).

Ensuite, pour l'énergie, c'est peut être un peu plus compliqué car on est sur un marché très volatile et surtout soutenu par un système de subvention qui fausse un peu la donne.
Maintenant, si tu as du pognon, tu peux toujours installer des panneaux qui ne produisent pas en te donnant bonne conscience mais ne demande pas la société de te financer le rachat de l'électricité. Consomme là directement !

C'est ce que j'ai fait avec mes panneaux solaires thermiques ! j'utilise le peu d'énergie que je produis, c'est toujours cela de gagné et je ne demande rien à personne ; même si j'ai bénéficié au départ d'un petit crédit d'impôts nécessaire pour rééquilibrer les différences non justifiées.

2. Le vendredi, 1 avril 2011, 08:22 par Merome

@agase : Pour une voiture ou une maison, même si "on considère" qu'il y a un retour sur investissement, dans les faits, il n'y en a pas. D'un point de vue strictement financier, l'argent que je mets dans la voiture ne me revient jamais. À moins que j'achète une voiture pour remplacer mes voyages en train ou je ne sais quoi d'autre, auquel cas on peut calculer la différence de prix entre les modes de transport.

On achète la voiture pour remplir un besoin, celui de se déplacer. On achète une télé pour le besoin de se divertir. Des besoins qui sont subjectifs, discutables, au contraire de l'impérieuse nécessité de réduire nos émissions de CO2. On pourrait très bien considérer qu'on achète un m² de panneau solaire pour la nécessité écologique, sans se poser la question de la rentabilité. En général, on ne le fait pas, et les chauffagistes qui installent les produits non plus.

3. Le dimanche, 3 avril 2011, 15:22 par axel

Penses tu que les panneaux solaires sont mieux que le reste. Je n'en suis pas convaincu.
Que faut-il pour les fabriquer, combien en faut-il pour créer autant d'énergie que le fioul par exemple et une fois cassé ou tout simplement remplacés au bout de quelques années, recycle-t-on ces panneaux, sont-ils sans danger pour la planète ? Du coup est-ce bien "rentable" pour la planète ?

4. Le dimanche, 3 avril 2011, 19:35 par Merome

@axel : c'est un autre débat. Pour ma part, je suis resté sur l'idée que le solaire thermique était bien, et le photovoltaïque moins bien. Mais il semble que des progrès aient été fait dans ce domaine. L'énergie grise n'est plus aussi pénalisante. On trouve des tas de documents sur le web qui traitent de ça.

5. Le dimanche, 3 avril 2011, 21:54 par agase

@axel : je rejoins également Merome. Maintenant pour répondre à tes questions :
- il faut environ 3 à5 ans de fonctionnement pour qu'un panneaux PV produise l'énergie nécessaire à sa fabrication. Il peut produire de l'électricité pendant 30 ans voir plus avec des rendements moindres mais il produit.
- La majorité des panneaux PV sont des fines couches de silicium dans du verre (du sable quoi). Cela ne doit pas être trop dure à recycler :)
- merome, les rendement n'ont que très peu bougé depuis 10 ans. Sur terre, on ne peut pas demander à un PV de convertir plus de 18% de l'énergie qu'il reçoit du soleil (pb d'atmosphère, de saleté,...) Dans l'espace, les même peuvent atteindre 80%.
- Enfin, je ne suis pas très sur que le thermique soit mieux que le PV. En plus de cela, souvent, les meilleurs rendements ont lieu quand on n'a pas besoin de chaleur (l'été en l'occurrence). Sinon, il faut mettre des cuves énormes qui à mon avis risque d'avoir une consommation d'énergie grise assez phénoménale. sans parler de celle des panneaux

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