De gauche à droite :

Besancenot a indiqué qu'il ne se présenterait pas cette fois-ci. Le NPA tente de trouver un successeur et de dépersonnaliser le parti, mais il faut bien reconnaître que la belle gueule et les talents de communication du facteur ont beaucoup contribué à son relatif succès aux deux précédents scrutins nationaux. C'est l'énorme défaut de la démocratie française, et sans doute dans pas mal d'autres pays de niveau comparable : il faut (bien) passer à la télé pour être crédible. Dans une moindre mesure, pour les élections plus locales, c'est celui qui saura le mieux alimenter la presse quotidienne régionale et occuper le terrain qui aura le plus de chances.

__ Mélenchon__ me parait depuis un mois assez inaudible. Pas de déclarations fracassantes, pas de propositions, pas d'interviews majeures... Rien à signaler de ce côté.

Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) doit se débattre avec plusieurs problèmes internes : La primaire d'abord, qui opposera des candidats hétéroclites, plus ou moins légitimes selon les avis. Notamment, trois candidats majeurs vont devoir clarifier tout ça : Eva Joly, Nicolas Hulot et Stéphane Lhomme. Les deux premiers sont des porte-étendards médiatiques, l'une plutôt ancrée à gauche, l'autre qui se garde bien de s'ancrer où que ce soit. Le troisième est un candidat "interne" et écolo historique, président du réseau "Sortir du nucléaire".
Les premières interviews de Hulot et Joly montrent que tous les deux sont encore peu armés face aux questions des journalistes. Lhomme ne passe simplement pas à la télé, ce qui nous ramène à la réflexion sur Besancenot plus haut : les partis sont plus ou moins obligés de désigner des figures médiatiques pour défendre leur programme.
À lire sur le sujet Hulot, l'analyse de Marc Vasseur.

Au PS, Martine Aubry se débine au profit de DSK, en échange d'un bon poste au gouvernement ? DSK, lui, commet une maladresse en se faisant prendre en photo autour d'une Porsche de 100.000 euros, laissant augurer que l'entourage du futur candidat n'a rien à envier à celui de Sarkozy. Moscovici continue néanmoins de lui apporter son indéfectible soutien. Pour quelqu'un qui n'est même pas encore officiellement déclaré, c'est juste du gros n'importe quoi.
Montebourg se situe (au moins dans le discours) un peu plus à gauche, et propose quelque chose de plus musclé contre le capitalisme sauvage, pour une démocratie modernisée, etc etc... Il faudra écouter, mais ses chances me semblent minces au sein du PS.
Hollande, lui, ne propose strictement rien, à part son double menton connu d'ancien premier secrétaire. On ne voit pas bien le sens de sa candidature par rapport à celle de DSK, qui va sans aucun doute le supplanter.

L'UMP essaie de profiter des quatre ans de présidence pour vanter le bilan de Sarkozy. Ce serait risible si ce n'était pas tragique pour des milliers de gens qui se retrouvent dans la précarité par sa faute. Indépendamment de la crise qui n'a sans doute pas facilité son mandat, tout a en effet été fait pour détricoter les services publics, pour saboter les mouvements sociaux, pour détruire les acquis, pour entraver la liberté sous toutes ses formes, ... Sans oublier que dans le même temps, donc pendant la même crise, les "amis" du président se sont considérablement enrichis.
Un bilan exhaustif basé sur les propositions du candidat en 2007 est disponible ici.
Un bilan honteusement mensonger a été bricolé par les jeunes UMP pour le web.

Marine Lepen essaie de positionner son parti à gauche de l'UMP, et y arrive sans trop de peine, vu les prises de position de Guaino et d'Hortefeux ces derniers mois.
En revanche, elle doit se battre contre une tendance à croiser pas mal de nazillons dans les meetings, ce qui donne à son parti une image (fausse, dit-elle) de parti fasciste.
Profitant du 1er mai, elle a tenté de positionner le FN comme parti de la liberté. Sauf que personne n'y a cru, pas même les partisans eux-même.

Mon pronostic à ce jour : DSK président en 2012.
Mon souhait : EELV qui rallie l'aile gauche du PS, voire le défunt NPA et Mélenchon et présente Hulot pour se diriger doucement vers la décroissance.