Le 11 Mars, Arte diffusait "Le monde selon Monsanto", un documentaire édifiant sur le passé (et le présent) chargé de la puissante firme américaine.
Si vous l'avez raté, dépêchez-vous ! Jusqu'au 18 Mars, il est visible en streaming gratuitement sur le site de la chaine.

Je n'avais déjà pas une grande admiration pour Monsanto avant la diffusion du reportage. Maintenant, j'ai juste envie de pendre les dirigeants qui se sont succédés à la tête de la boite par leurs tripes, en leur faisant préalablement avaler tous les poisons qu'ils ont conçus et commercialisés. Mais ça, c'est parce que je suis d'un naturel plutôt modéré.

Il faut savoir que Monsanto a trempé dans la plupart des scandales chimiques et alimentaires qui ont été dévoilé au grand jour (et sans doute bien d'autres encore inconnus du grand public). Le pyralène, la dioxine, l'agent orange, les OGM... Vraiment un joli palmarès, avec à chaque fois : appât du gain, lobbying, corruption, falsification des études scientifiques, ...
Ces faits sont avérés, et Monsanto a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ces affaires du passé. Il ne s'agit pas de suppositions ou de fantasmes de journalistes.

Aujourd'hui, Monsanto est le premier producteur d'OGM, leader en biotechnologie. Pour imposer leurs produits génétiquement modifiés aux USA, ils ont réussi le tour de force de faire accepter aux organismes de sécurité sanitaire américains l'ensemble des OGM comme "équivalents en substance". Pour faire simple, partant du principe que la plante génétiquement modifiée pousse comme toute autre plante, sans autre addition de produit, elle est considérée comme sans plus de risque que l'originale. Simple et efficace, les nouvelles découvertes OGM n'ont même pas besoin d'être validées par une quelconque organisation indépendante, puisqu'on présuppose que c'est pareil qu'une plante normale.
Pour en arriver là, Monsanto a usé de sa puissance financière, de ses relations (Les organismes gouvernementaux chargés d'assurer la réglementation dans le domaine sont blindés d'anciens de chez Monsanto, et vice versa), et a falsifié ou passé sous silence un grand nombre d'études scientifiques.

Une autre facette intéressante du reportage montre comment, grâce à la mainmise de la firme sur le marché des semences, Monsanto peut mettre en oeuvre une pression énorme sur les agriculteurs qui n'utilisent pas les produits de la marque. Les semences originelles de maïs mexicain, par exemple, commencent à être "contaminées" par les gènes modifiés de Monsanto, donnant lieu à la naissance de maïs tout bizarre, limite monstrueux, avec 3 épis par feuilles au lieu d'un... Bientôt, les agriculteurs mexicains n'auront pas d'autres choix que de se fournir chez Monsanto pour survivre, car les semences originelles ne pousseront plus.
Les OGM, censés régler le problème de la faim dans le monde en limitant l'usage des pesticides et engrais de toutes sortes, font tout le contraire : ils demandent plus d'eau, plus de traitements, sont plus fragiles globalement que les semences traditionnelles. En revanche, comme seul Monsanto maitrise les modifications génétiques opérées sur les plantes, ils ont toujours une longueur d'avance. Ils peuvent breveter les pesticides adaptés à leurs semences OGM qui étaient censés ne plus en avoir besoin. De nombreux agriculteurs à travers le monde subissent ces pratiques commerciales et courent à la faillite.

Bien que cela soit moins grave, cela me rappelle un peu les pratiques commerciales de Microsoft. Ils imposent un produit médiocre et toute sa suite rendue nécessaire pour que ce produit puisse fonctionner dans des conditions normales et sécurisées. A chaque changement de version, c'est toute l'industrie de l'informatique qui doit suivre, bon gré mal gré, comme on l'a vu avec Vista...

Je vous invite donc à regarder le reportage pendant qu'il est encore temps, à boycotter le roundup et les OGM (après avoir vu les foetus humains mal formés qui flottent dans des bocaux de formol dans le reportage, c'est plus facile de prendre la décision). Monsanto a d'ailleurs été condamné l'année dernière pour "publicité mensongère" au sujet du roundup que la réclame présentait comme un produit "biodégradable" et "respectant l'environnement".