Dois-je le rappeler, j'ai pris conscience récemment de l'étendue du désastre écologique dans lequel nous nous trouvons, et jusqu'à hier, j'avais assez peu d'espoir de trouver une solution à cet épineux problème qui nous touche tous sans nous concerner, ou l'inverse.

Profitant de conditions favorables (des subventions), je me suis mis en tête d'installer dans l'année un Chauffe Eau Solaire Individuel (CESI), c'est-à-dire quelques mètres carré de panneaux solaires sur mon toit qui chaufferont l'eau qui me sert à me laver, principalement.
Tout naturellement, je suis allé sur le site de l'ADEME, puis sur la partie régionale du site qui me concerne. J'ai ensuite envoyé un mail à l'association qui fait la promotion des énergies renouvelables pour le compte de l'ADEME dans le coin, "Gaia Energies", et j'ai reçu quelques dizaines de minutes plus tard une invitation à participer à une journée d'information et visite sur site de maisons équipées de mode de chauffage écologiques.
Fort bien, excellente occasion pour moi de tâter de la réalité du terrain. Jusqu'ici, je n'ai fait que lire de la documentation sur ce type d'énergie, et j'avais un bon nombre d'idées préconcues sur le sujet. Par exemple, sur la fiabilité et la technicité des panneaux solaires, ou encore sur la faisabilité et rentabilité du chauffage au bois.

Première visite : une maison équipée d'un CESI et de panneaux photovoltaïque destinés à la production d'électricité, et à la vente de cette production à EDF. EDF est en effet tenu d'acheter l'électricité produite par les particuliers, et qui plus est, de l'acheter une fois et demie le prix de revente ! Bref, vous vendez vos watts à EDF, et vous leur en achetez (moins cher) pour votre consommation personnelle. L'intérêt est double, évidemment financier, mais aussi : vos capteurs solaires ne fournissent que peu d'électricité au moment où vous en avez le plus besoin, en hiver (chauffage, nuits plus longues). Il n'est donc absolument pas intéressant, au-delà de la satisfaction personnelle, de consommer sa propre énergie.
Le CESI est un procédé relativement simple : il faut de 1 à 1.5 m² de capteurs solaires par personne, sachant que selon les constructeurs, les capteurs font 0.5, 1 ou 2 m², une famille de cinq personnes mettra 5 ou 6 m² sur son toit. Globalement le coût est de 1000 euros / m². Partons sur l'hypothèse de 6 m² soit 6000 euros, posé par un installateur agréé et couplé à votre chauffe-eau actuel.
A cette somme, on peut retirer la subvention régionale, de 920 euros (à vérifier dans votre région). Puis un crédit d'impôts s'élevant à 40% du coût du matériel. Sur nos 6000 euros, 4000 euros de matériel, soit un crédit d'impôts, l'année suivant la pose de 1600 euros. 6000-920-1600 = 3480 euros pour le coût total de l'opération.
La rentabilité ne peut-être calculée que par rapport à un autre type d'énergie. Si vous avez un chauffe-eau électrique, vous pouvez être sûr que c'est rentable rapidement : l'électricité est l'énergie la plus chère de toute, en ce qui concerne l'eau chaude sanitaire, tout du moins. Dans mon cas, le fuel, c'est plus difficile de le calculer : cela dépend du prix du fuel, qui ne cesse d'augmenter. Par ailleurs, il est difficile d'évaluer la part de l'eau chaude sanitaire dans la consommation de la chaudière. Globalement, le chauffe-eau solaire devient rentable à partir de 7 à 12 ans (selon l'énergie de comparaison). Les panneaux solaires fonctionnent pendant 30 ans... Je pensais que c'était fragile, mais l'installateur a confirmé qu'il posait ça au marteau sur la toiture ! Pas de risque de grêle, pas de problème de gel non plus puisque le fluide qui circule est anti gel jusqu'à -25° et au-delà, il se fige sans se dilater, donc sans causer de dommage. Un CESI dans ma région (Est de la France) couvre 50% des besoins en eau chaude. Par exemple ce week-end, 100% de l'eau chaude aurait pu être produite par des panneaux solaires.

La seconde visite était une maison avec un CESI et un PSD (Plancher Solaire Direct), avec l'electricité et un insert bois comme énergie d'appoint. Je n'ai pas retenu tous les détails de cette visite qui me concernait moins directement. C'était toutefois très intéressant.

Enfin, une autre maison quelques centaines de mètres plus loin avec un CESI et une chaudière à granulés de bois. Les granulés de bois sont fabriqués à partir des déchets des scieries, notamment la sciure. Broyés, compactés, humidifiés, séchés, il en ressort des petits granulés à l'hygrométrie très faible qui ont un pouvoir calorifique important et un mode de stockage et de transport aisé. Inconvénient : peu de producteurs, une dizaine en France, mais... 2 dans ma région !
Les avantages de ce type d'énergie sont multiples. On pourrait presque dire qu'il n'a que des avantages :
- Economique (2 fois moins cher que le fuel)
- Ecologique à la production (de la sciure, de l'eau, c'est tout)
- Ecologique à la consommation (ce n'est que du bois qu'on brûle, et y a quasiment aucun déchet, cendres ou fumées)
- Stockage aisé (il faut un silo étanche et non humide)
- Efficace (pouvoir calorifique fort)
- Citoyen (la filière bois crée des emplois locaux, le fuel en crée deux fois moins et pas locaux)
- Fiable (la chaudière est classique, l'alimentation est bêtement mécanique : une vis sans fin)

Bref, j'avais l'impression saugrenue que cette énergie était réservée à une élite écologique et passionnée du renouvelable, j'en suis ressorti avec la nette impression que c'est ce qui remplacera mon fuel dans une dizaine d'années, quand le pétrole sera tellement cher que son utilisation en énergie de chauffage sera devenu impossible. S'il y a d'ailleurs bien un impact positif à la montée des cours du pétrole, c'est que chacun s'interroge sur les énergies alternatives et propres qu'on peut y opposer. Le bois, qui jusque là rebutait par ses problèmes de stockage et d'approvisionnement (passer mes week-ends à couper du bois pour passer ma semaine à coller des bûches dans une chaudière, non merci !), semble être bien placé pour revenir en force dans les années qui viennent.

Je retiens aussi de cette journée que le fait d'aller voir des vrais gens qui utilisent réellement ces techniques plus ou moins nouvelles et originales donne bien plus envie de s'y mettre. On se dit "tiens, c'est vrai moi aussi je pourrais...". La méfiance, légitime, qu'on peut avoir quand on lit tel ou tel site qui fait la promotion des énergies renouvelables, ou quand on rencontre un professionnel du domaine, disparaît totalement quand on rend visite à des citoyens lambdas qui payent leur facture énergétique comme vous et moi.

MISE A JOUR : Suite au succès relatif de cet article, je vous informe que je viens de mettre en place une liste de discussion autour du chauffage en granulés. Pour discuter avec nous de ce mode de chauffage, je vous invite à vous inscrire en cliquant ici

Nouvelle mise à jour : un lecteur m'envoie son fichier de calcul pour la construction d'un silo