Autoconsommer. Comment ? Pourquoi ?

Un an après l'installation de deux panneaux solaires photovoltaïques, d'une puissance totale de 600Wc, un petit bilan et quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer.

L'autoconsommation, qu'est-ce que c'est ?

De quoi parle-t-on exactement ? Du fait de produire soi-même une partie de l'électricité que l'on consomme. Il y a encore quelques années, pour avoir l'autorisation de poser des panneaux solaires photovoltaïques sur son toit et les brancher à votre réseau domestique, il fallait obligatoirement obtenir l'accord et négocier un tarif de rachat avec votre fournisseur d'énergie. Dans les années 90/2000, c'était très avantageux de procéder ainsi car le tarif de rachat était très intéressant, cela permettait de rembourser tout ou partie de sa facture d'électricité car tout ce que produisait votre installation était racheté, peu importe ce que vous consommiez. Au fil des années, les tarifs de rachat ont baissé rendant l'opération beaucoup plus hasardeuse financièrement, d'autant que la nécessité de passer par un installateur professionnel augmentait sensiblement la facture d'installation initiale et que les subventions de l'État ont été réduites à peu de chagrin.

Depuis 2017 (je crois), il est possible de choisir "l'autoconsommation sans revente du surplus", c'est à dire que, sous réserve que l'installation soit inférieure à 3kWc, vous pouvez placer des panneaux solaires chez vous et les brancher simplement vous même à votre réseau domestique, à condition d'avoir une autorisation de Enedis (simple formalité), et de ne pas exiger de contrepartie financière pour tout ce que produirait votre installation et que vous ne seriez pas capable de consommer vous-même. Autrement dit, vous donnez gracieusement au gestionnaire du réseau des watt-heures gratuits.

L'autoconsommation, pour quoi faire ?

Pourquoi diable s'emmerder avec une installation photovoltaïque chez soi ? Chacun trouvera ses propres motivations parmi :

- réduire sa facture d'électricité

- réduire son empreinte carbone et dans une moindre (voire négligeable) mesure celle du mix énergétique français

- le plaisir du "défi" technologique

- le plaisir de faire soi-même, comme on peut aimer faire son pain ou sa vidange tout seul comme un grand

En revanche, cela ne permet eu aucun cas de :

- gagner de l'argent (au mieux, on en dépense moins)

- être autonome en cas de coupure de courant

- se passer d'un fournisseur d'électricité

La philosophie de ma propre installation

Puisque le surplus est "perdu" (pour moi), il s'agit de ne pas surdimensionner l'installation. Idéalement, il faudrait qu'à tout moment je sois en mesure de consommer tout ce que je produis. Il faut alors déterminer ce qu'on appelle le "bruit de fond", en quelque sorte, c'est ce que mon logement consomme en "veille". Le frigo, le congélateur, la VMC, les petits bidules qui restent branchés en permanence (ma box et le serveur merome.net qui est derrière...). J'ai évalué à la louche à partir des graphiques fournis par mon fournisseur Mint Energie à 300W la consommation résiduelle de mon logement. L'optimal serait donc d'avoir une production continue de 300W ce qui "effacerait" le bruit de fond de ma facture. Évidemment, on comprend vite qu'avoir 300W de production solaire en pleine nuit de décembre ne sera pas aussi facile qu'à midi en juillet et que tout est une histoire de compromis. Il ne s'agit pas de maximiser la production, mais bien de la faire correspondre le plus possible à la consommation.
J'ai choisi 2 panneaux de 300W, que j'ai sciemment orientés différemment pour qu'ils ne produisent pas à leur maximum en même temps. Je n'aurais que faire de 600W à midi, alors que 300W me suffisent. J'ai orienté l'un des panneaux au sud et l'autre à l'ouest. Puis récemment, j'ai modifié cette orientation : l'un au sud-est, l'autre au sud-ouest, pour mieux profiter des rayons du matin.

Je voulais des panneaux fabriqués en France (pour qu'on ne vienne pas me dire que mes panneaux chinois avaient une empreinte carbone telle qu'il ne servait à rien de les poser), plus chers, mais de bonne qualité. Je les ai achetés chez Mon Kit Solaire, avec tout ce qui va avec de boîtier électrique, de disjoncteurs, de câbles, de supports et d'onduleurs car je n'y connais(sais) strictement rien. J'ai apprécié la sécurisation apportée par un kit "tout compris", d'autres fournisseurs proposent ce genre d'offre, je n'ai aucun intérêt à vous conseiller l'un plutôt que l'autre.

J'insiste sur une chose : c'est accessible à n'importe quel clampin qui sait brancher un interrupteur. La bonne surprise, c'est qu'à la fin, on branche simplement les panneaux sur une prise classique, avec une fiche standard ! Cette prise fonctionne alors, sans modification aucune, dans l'autre sens : elle fait entrer du courant sur votre réseau domestique.
À noter également qu'il n'y a pas besoin d'avoir un compteur Linky ou je ne sais quel machin sophistiqué côté réseau public. À partir du moment où l'onduleur est agréé, et qu'il se coupe automatiquement s'il détecte qu'il n'y a plus de courant sur le réseau (d'où le fait qu'on ne peut pas être autonome avec ce type d'installation), il n'y a vraiment pas grand chose à faire.

Coût de l'installation : 1 265,00 € tout compris. (2 panneaux Systovi 300Wc, un micro-onduleur APS, un boîtier électrique avec les disjoncteurs nécessaires et le compteur de production, 2 bacs à lester Renusol pour poser les panneaux, 1 box de suivi de production, les câbles)

Bilan de la production, un an après l'installation

J'ai produit 610 kWh en un an, ce qui est conforme à ce qui était attendu. On compte généralement 1kWh/an/Wc, pour des panneaux idéalement orientés. Mes panneaux "mal" orientés ont produit un peu plus que ça.

Si j'ai bien consommé tout ce que j'ai produit (ce qui est difficilement vérifiable), j'ai économisé entre 80 et 100€ pour cette première année d'utilisation. Ce qui donne un amortissement de l'installation entre 12 et 15 ans. La durée de vie des panneaux solaires est bien supérieure à ça normalement (même si leur rendement va baisser au fil du temps, les panneaux vieux de 30 ans produisent encore au moins 75% de leur production nominale aujourd'hui), en revanche, il n'est pas certain que l'onduleur, placé sous l'un des panneaux, à l'extérieur, sera aussi fiable dans le temps (coût : 200 euros).

La box de suivi de production me permet d'avoir un suivi sur smartphone et sur un site web, ça donne des jolis graphiques comme ça :

Si vous avez des questions sur cette installation, n'hésitez pas.

Commentaires

1. Le jeudi, 11 février 2021, 09:33 par Un collègue du 3eme

Salut!

Bonne initiative ;-)

Je suis effaré d'apprendre que maintenant EDF n'a plus d'obligation de rachat pour les petites installations, ou au moins un système d'avoir sur la facture d'elec...

As-tu un ballon d'eau chaude elec? Si oui, programme le pour tourner sur le créneau de midi là où tu produis le plus afin d'être sûr de ne pas trop offrir de watts à EDF :) Idem pour le lave linge

2. Le jeudi, 4 mars 2021, 08:24 par Merome

C'est compliqué de programmer le ballon d'eau chaude le midi parce qu'il est déjà programmé sur les heures creuses.

Mais oui, l'idée c'est bien de consommer quand ça produit, autant que faire se peut.

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