Je suis (du verbe suivre et pas être) Clément Viktorovitch depuis que j'ai vu sa conférence en deux parties sur la démocratie en 2015, quand il avait encore des cheveux (et moi aussi) :
et
Deux visionnages que je recommande encore aujourd'hui, ainsi que le suivi méticuleux de sa chaîne actuelle. J'ai eu la chance de voir également son spectacle "L'art de ne pas dire", à mi-chemin entre la conférence gesticulée et le spectacle comique. J'ai également écouté en livre audio son bouquin sur la rhétorique.
Mon épouse m'a donc fort logiquement offert "Logocratie" sous-titré "Comment nous sommes déjà sortis de la démocratie", aux éditions du Seuil.
L'essai postule qu'il n'est plus possible de nommer le régime politique que nous connaissons "démocratie", tant le dévoiement des mots et des faits a transformé notre rapport au réel, ce que d'autres ont appelé la "post-vérité". Plus que la bagarre sur le meilleur terme à choisir pour qualifier notre système, j'ai trouvé le bouquin intéressant pour son recensement méticuleux et précis de ces innombrables occasions où le mensonge éhonté a entaché la bouche de nos gouvernants, et l'accélération manifeste et dramatique de ce constat depuis 2020.
En revivant ces épisodes pourtant récents de la médiocrité accablante et de la perfidie exaltée de la Macronerie, la colère est restée intacte, mais il faut bien admettre que l'on en avait perdu le compte et l'importance, pris dans le tourbillon de l'actualité déprimante. De la crise sanitaire aux législatives volées, en passant par les violences policières euphémisées, la liste est longue et provoque un certain vertige. Et l'on pourrait facilement publier un deuxième volume avec ce qui s'est passé depuis la publication de cet essai.
Bref, c'est remarquablement bien écrit, rigoureux, scientifique, presque et c'est ce que j'apprécie de cet auteur.
