Plus j'y pense et plus j'y repense : il y a eu un point de bascule en 2005.

2005, c'est l'année où j'ai entamé ce blog, l'année où j'ai eu trente ans, l'année où j'ai eu numéro 3, l'année où j'ai pris conscience d'un certain nombre de choses.
Tout le monde n'a pas eu trente ans en 2005, mais j'ai l'impression qu'il y a eu cette année-là une rupture, un ressort s'est cassé, d'autres ont pris le relais et depuis sept ans, ça gronde.

Dans le genre révolution flash, sept ans après, on ne peut pas dire que les résultats soient très marquants. Mais tout comme le pétrole ne manquera pas du jour au lendemain, c'est la date du pic qui est importante. Le pic démocratique, le moment où les gens se sont mis à ne plus croire en la démocratie telle qu'on nous la présentait, a eu lieu en 2005.

A la base, il y a eu ce Traité Constitutionnel Européen dont les français se sont emparés contre toute attente. Un traité qui a mis en évidence une série de trahisons de nos représentants élus depuis plusieurs décennies, passées inaperçues jusqu'alors. Le TCE comportait en effet très peu de nouveautés, c'était, comme la loi de 73 modernisant les finances de l'Etat, un récapitulatif de tout ce que les élus avaient voté plus ou moins dans notre dos pendant toute la construction européenne. D'un coup d'un seul, ça ne passait plus.

Cela passait d'autant moins que la plupart des journaux, radios, télés voulaient par force nous faire voter pour le oui. C'était flagrant. C'était suspect. Et ce fut l'occasion de se rendre compte d'une chose qui n'était pas récente non plus : la concentration des médias entre quelques mains. Le TCE a agit comme un révélateur d'une situation qui était déjà la norme depuis longtemps : nous ne sommes pas convenablement informés.

Et parmi les informations qui n'arrivaient pas jusqu'à nos oreilles, avant 2005 au moins, il y a cette question de réchauffement climatique. Une catastrophe mondiale, prévue, prévisible, dont nos éminents spécialistes en tout, multi casquettes, archi-diplomés, n'ont pas tenu compte. Mais alors, seraient-ils aussi compétents qu'on le croit ?

Parallèlement, le commun des mortels prend la parole avec le web (dit : "deux point zéro"). Wikipédia prend son envol et démontre que la masse des citoyens n'est pas ridicule comparée aux élites. Etienne Chouard est capable de rabattre le caquet aux rédacteurs du TCE mêmes. Mozilla mordille la chaussure de Microsoft et ne la lâche plus.

Tout cela s'est passé en 2005 ou aux alentours. Il y a sept ans. Personnellement, je ne vois plus rien comme avant cette date. Tout s'est éclairé, ou obscurcit. Pas mal de gens sont dans mon cas, depuis 2005, ils ne sont pas rendormis. Ils veillent. Ils attendent le moment. On se passe le mot. Entre nous. Sans eux. On s'émancipe.

La crise financière est un nouveau déclic. Sera-t-il suffisant pour atteindre la masse critique ? Cela dépend un peu de vous et moi.

Commentaires

1. Le mercredi, 19 décembre 2012, 20:35 par viconte

oué, pas faux !

2. Le mercredi, 19 décembre 2012, 21:40 par Nicolas

En 2005, je n'ai pas suivi tous ces moments et virages démocratiques. Pas trop grave, grâce au net, on peut prendre le train en marche.

J'ai la conviction que le web apporte une réelle démocratie citoyenne, ça serait intéressant de rajouter ce droit fondamental dans la Constitution.

Bon ensuite, il suffit de brancher BFM pour se rendre compte du chemin qu'il reste à parcourir... Heureusement, Olivier DELAMARCHE ou Philippe BECHADE sont là pour "casser" l'ambiance :)

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