Après plus de deux mois de vacances insouciantes, sous la chaleur accablante du soleil d'été, il fallait bien l'admettre : un jour, il fallait rentrer.
Toutes ces nuits gigantesques, à 10-12 heures de sommeil, se lever vers 10h00 du matin et zoner jusqu'à midi en pyjama, ça nous faisait un sacré sas de décompression. Mais la veille de la rentrée, se coucher deux heures plus tôt que d'habitude alors qu'il fait grand jour dehors, et cette espèce d'appréhension idiote qui nous empêchait de nous endormir, on avait l'impression de perdre d'un coup toute l'avance de sommeil qu'on avait prise pendant les vacances. Et on se réveillait le lendemain, la tête dans le coccyx et déjà convaincu que l'année allait être longue.
On était tout beau, tout propre, avec des habits tout neufs, qui nous allaient pas encore tout à fait, ou qui nous iraient bientôt déjà plus, parce que ces années-là, on prenait un centimètre par mois.
On sentait quand même le propre, nos affaires sentaient le plastique et la maitresse le parfum, et en rentrant dans la classe on se disait "ah oui, c'était ça le parfum de l'école".
Au collège, il fallait vérifier sur les listes ce que le sort nous avait réservé comme camarades de classe. Il fallait se trouver un binôme, et le plus souvent ne pas en changer jusqu'à la fin de l'année, c'est dire si le choix était crucial. Une année scolaire à partager un bout de table, les livres, les affaires oubliées, les virus et les TP de chimie.
Il fallait éviter de se retrouver avec le psychopathe de la classe, orphelin de père et de mère, turbulent, redoublant, psychologiquement instable et violent. Sympathiser vite fait avant le premier cours avec celui qu'on déteste le moins. Se rendre compte qu'un autre a déjà mis le grappin dessus et le scotche pour être sûr de pas se faire griller dans la dernière ligne droite de l'entrée en classe. Changer de cheval au dernier moment, prendre le risque de l'inconnu qui a une bouille correcte.
L'année suivante, on pensait éviter cette corvée en reprenant le même binôme, mais on se rendait compte qu'il avait pris 10cm et changer de voix pendant l'été, et que les filles le regardaient bizarrement. Alors que nous, avec notre voix de fillette et nos playmobils, on voyait à peine au-dessus de nos pupitres.
Comble de malchance : il a pris allemand deuxième langue, il faut se retrouver un autre binôme pour le cours d'espagnol. Le choix se réduit à la moitié de la classe, à moins bien sûr de pactiser avec l'ennemi : le demi-groupe de l'autre classe.
Le binôme, c'est aussi celui qui sert de mètre étalon pour les parents : "Et ton copain, il a eu combien ?". Il fallait le choisir ni trop bon, ni trop mauvais.
Bon, le comble de la honte, c'était de se retrouver à côté d'une fille, quand même.
Alors qu'au lycée, c'était tout à fait différent. Sur les listes, on vérifiait d'abord le nombre et la qualité des filles qu'on pourra mater en cours de sciences nat.
Et puis on priait pour ne pas tomber sur Adolf, la prof de maths qui avait provoqué le suicide d'une soixantaine d'élèves l'année précédente.
C'était aussi le moment de se mettre en ordre administrativement. La carte de bus, les certificats scolaires, la bourse, la cantine...
Et puis tous les profs nous demandaient de faire "une petite fiche", avec la profession de nos parents, tout ça.
C'était nos rentrées des classes, quoi...
Commentaires
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Quelle nostagie Mérome !... Pour la rentrée, attends un peu, tu as sauté les grands vacances, grandes vacances qui en France sont très, très grandes !... les profs ont besoin de repos, de très, très grands repos ...
Bizarre... dès l'école primaire j'cherchais déjà les nanas pour binômes moi :P
Je vois pas le probleme, je faisais comme Filou (hummm Sandrine au CM2
) en primaire et je suis désormais avec la plus belle femme du monde
Non à l'école je testais déjà...
Et là bah je vois qu'aucune femme ne me mérite finalement... en tout cas pour le moment. [Mode grosse quèquette/grosses chevilles OFF... enfin surtout grosses chevilles faut pas déconner non plus]
PS : dsl pour cette remarque d'une finesse à faire pâlir une anorexique mais sous antibio et j'ai du me siffler une bouteille de 75cL de boomerang tout seul parce que les autres aimaient pas :-(, ca réussit pas ^^
La chasse au binôme, ça ne m'a pas marqué.
Le travail à 2, pas de trop avant de faire de l'info dans le supérieur.
Jamais eu à chercher de binôme moi ???
).
D'où ça vient cette idée ? Enfin, sauf pour les TP, mais c'était tournant. On faisait binôme avec celui qui s'asseyait à côté de nous (enfin, celui ou celle hein
Vu que l'établissement où j'ai passé le plus de temps, ce sont les deux universités (le Havre, DEUG, Licence et Maîtrise), et Nancy (D.E.A. et Thèse), je n'ai jamais eu le temps de m'attacher
Même si au collège, où nous allions tous, c'était celui du coin, où certains faisaient 45 minutes de car le matin et le soir pour y aller. Tout le village allait à ce collège, tout ? enfin, presque tout ! sauf le bon copain qui habite à 20 mètres de la maison.
En première année d'école d'ingé, j'avais eu le binôme invisible, inventeur de la semaine de quatre heures (mercredi de 14 à 16 et jeudi de 10 à 12). Il avait toujours tout un tas de super raisons pour ne pas se montrer, et qu'il n'explicitait jamais "parce que vous comprendriez pas".

À la fin du premier semestre, quand il a fait son passage par le bureau du directeur des études avec les 5 autes du fond du classement, le directeur a accueilli l'étudiant suivant en lui disant "apès ce que je viens de subir, cet entretien ne pourra être que positif pour vous"