Je viens de rentrer de vacances, et comme chaque année, je vais vous livrer d'un bloc le fruit d'une semaine sans internet mais pas sans intérêt. Que ceux qui détestent les soirées diapo de vacances désertent, ils ne vont pas aimer.

Petit rappel des épisodes précédents : Trois enfants à la mer (2008), Trois enfants dans la ville (2009).

Cette année, dans l'éternelle recherche des vacances idéales, nous avons opté pour la résidence hôtelière, avec piscine couverte à disposition. En ville, bien sûr, pour pouvoir s'y rendre en train sans peine. Notre choix s'est porté sur Carcassonne, et plus particulièrement sur la résidence Resid Hotel "Le Clos de la Cité", à 500 mètres de la cité médiévale de Carcassonne, mais à 2km de la gare SNCF.

Deux kilomètres à pied, ça use, surtout avec les valises et dans une ville absolument pas adaptée aux déplacements piétons. Les trottoirs sont occupés par des voitures de manière systématique (souvent de gros 4x4), les bus sont quasi inexistants en été, et ne circulent pas le dimanche. Pas de pistes cyclables, très peu de passages piétons, et pas grand chose autour de la résidence pour aller acheter de la bouffe à pied.

L'appartement lui-même et la résidence dans laquelle il se trouve sont par contre très bien, spacieux, climatisés si on le souhaite, bien isolés thermiquement (acoustiquement un peu moins). Et la piscine a fait la joie de Numéro 2 pendant tout le séjour. Plusieurs fois, on s'est d'ailleurs retrouvés seuls dans la piscine, ce qui est un luxe appréciable.

Nous avons pu visiter la cité médiévale plusieurs fois, il ne fallait que dix minutes pour nous y rendre à pied. L'inculte que je suis a retenu de ces visites la signification de "cathare", le principe du hourd et d'autres trucs médiévaux ou antérieures qui m'avaient échappé pendant les cours d'histoire.

Comme un bon gros geek, j'ai mis un point d'honneur à acheter le jeu Carcassonne dans la ville éponyme (mais dix euros plus cher !). Peut-être qu'un jour j'achèterais sur le même modèle Le Havre et Saint Petersbourg...

D'une manière générale, l'accueil des commerçants, guides, serveurs, habitants de Carcassonne a été détestable. Sans doute blasés par le défilement incessants de touristes de toutes nationalités, prêts à payer n'importe quoi à n'importe quel prix (comme moi pour mon jeu !), aucun effort n'a été fait sur l'accueil et la sympathie. La moindre animation est payante, mais on peut quand même faire le tour des fortifications gratuitement et rien que ça est déjà impressionnant. La visite du château avec l'audio-guide dans une main et les trois gosses dans l'autre n'a pas été totalement satisfaisante en revanche. Dommage, elle était sûrement intéressante.

Pour les repas, nous avons fait un mix entre restaurants et cuisine dans l'appartement (qui était équipé pour). Petite folie cette année, nous avons tenté un restaurant bio. Portant le doux nom de "La cantine de Robert", ce resto est en fait tenu par une pointure de la gastronomie qui explique très bien son point de vue sur le site :

La culture biologique m'apparait de plus en plus comme la seule solution d'avenir. Pour plusieurs raisons, pour la protection de l'environnement, pour la santé et surtout pour le goût.

Je pense le moment arrivé pour ma part d'une orientation nouvelle de ma cuisine et de la conception de la gastronomie. (...)

Ce nouvel état d'esprit m'a permis de trouver un juste milieu la Bistronomie, restaurant qui allie la convivialité et la tradition d'un bistrot et le côté grand restaurant gastronomique et sa cuisine.Authenticité, contact humain, prix. Se retouver dans un cadre convivial autour de la table pour partager des plats authentique, se replonger dans ses souvenirs et vous accueillir comme chez un ami. Ce plaisir restant dans une valeur raisonable.

Je dois dire que je ne suis pas déçu d'avoir dépensé un peu d'argent pour faire manger toute ma petite famille dans cet endroit. Même si les menus n'étaient pas forcément adaptés aux enfants (ce qui fait monter le prix de l'addition bêtement), je m'y suis régalé et j'ai pris plaisir à penser que cela avait été préparé dans le respect de la nature et des gens qui ont travaillé à la récolte et à la culture des légumes bio.
On s'en tire avec une note à 135 euros (pour 5 personnes), là où les autres resto tournaient autour de 60 euros. Mais si je prends le plat que j'ai choisi (cuisse de canard confite + légumes bio), il était à 14.50 euros, au lieu de 12 dans un autre resto, et je peux vous dire que la différence était flagrante ! Ce sont les plats des enfants qui ont fait monter la note, car dans les autres restos, il y a toujours un menu "enfant" frites-glace qui va bien et qui n'est pas cher.

Le feu d'artifice du 14 juillet au-dessus de la cité médiévale était grandiose. Je n'avais jamais rien vu de tel, même si l'on n'a pas pu profiter de l'embrasement de la cité qui avait lieu sur une façade que l'on ne voyait pas. J'ai quand même une pensée pour les contribuables de Carcassonne qui voient leur argent partir ainsi en fumée en une demi-heure.

J'ai profité de l'inactivité relative de la semaine et des 16 heures de train aller-retour pour finir deux bouquins : "Le troisième jumeau" de Ken Follet, très bon, et très proche, toute proportion gardée, de ce que j'écris, mais en mieux. Dommage que le titre spoile un peu. Et puis "Conversations privilégiées" de Ed McBain, un peu moins bon, mais correct.
J'ai pu voir également le documentaire/film "Un jour sur terre". Très bon. À voir si possible sur un grand écran ce qui n'était malheureusement pas mon cas.

La grande difficulté de ces vacances touristiques est de trouver le bon compromis entre les activités pour les enfants et celles pour les adultes. On se donne beaucoup de mal, tout au long de l'année pour proposer le meilleur à nos trois numéros, négligeant sans doute nos propres envies. Ces vacances à Carcassonne m'ont paru assez équilibrées de ce point de vue et en cela, ce fut une réussite. En revanche, je reste consterné par l'impossibilité, ou la difficulté de mettre au point des vacances écologiques, surtout avec des enfants. Le meilleur moyen restant évidemment de ne pas partir du tout. Que les voyagistes se réveillent ! Il y a un créneau à occuper et personne ne saute dessus ?