Deuxième matière phare après les maths, le français apparait en classe dès les premières années avec l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Côté écriture, j'ai toujours écrit comme un porc, ce qui me pose d'ailleurs problème lorsque je dois expliquer à mes numéros qu'il faut écrire "comme il faut" sans être capable de leur présenter un modèle valable.
En lecture, et plus généralement en français, je me suis débrouillé jusqu'en troisième. Bien que ne lisant exclusivement que des bandes dessinées (mais à haute dose, des centaines de fois les mêmes), j'étais relativement bon en orthographe et donc en dictée. Curieusement, c'est en rédaction que j'avais le plus de mal à décoller et j'oscillais entre 11 et 13 sur 20.

Certains profs étaient plus sensibles à ma prose, fortement inspirée de mes lectures. En 5ème, la prof s'est amusée de ma citation, dans une de mes rédactions, d'un passage de la BD Léonard : "Le corps d'athlète dont la nature m'a gratifié". Allez placer ça dans une rédac, vous ! Ben moi je l'ai fait ! Et avec les félicitations de la prof qui en avait même parler à mes parents, en m'encourageant à continuer de lire, même si ce n'est que cette sous-culture qu'est la bande dessinée.

D'une manière générale, dès qu'il fallait se plonger dans un vrai livre sans image, c'était une punition. Au CDI, je choisissais les livres par leur nombre de pages, et si je trouvais des livres-jeux "dont vous êtes le héros", ça passait un tout petit peu mieux. Encore que, c'est au moment de rédiger la fiche de lecture que cela se compliquait pour ceux là.

Malheureusement, tous les profs n'ont pas été aussi ouverts que ma prof de cinquième, et cela s'est largement compliqué au lycée. Déjà passablement irrité par les quelques classiques qu'on nous a fait avalés au collège, je suis tombé en seconde sur une prof qui fantasmait sur Marivaux. "Le jeu de l'amour et du hasard". Je vous jure, quand on a 15-16 ans, les trucs fleur-bleue et même pas drôles qu'on nous force à lire, ce n'est pas humain. C'est peut-être de cette période que me vient cette aversion pour tout ce qui est vaguement moyen-âgeux ou ancestral. Encore aujourd'hui, je ne me complais que dans le contemporain et le moderne.

Cette même prof de seconde, qui ne comprenait décidément rien à mon humour, m'avait humilié en cours en lisant à toute la classe des passages d'une de mes rédactions qui stigmatisait (déjà !) les inégalités entre riches et pauvres. Bon, je concède volontiers que mes propos étaient déplacés et pas d'une très grande finesse à l'époque. Mais il n'en fallut pas moins pour me dégoûter petit à petit de cette matière et de la façon dont elle était enseignée.

Arrive là-dessus le bac de français, et son formatage violent : thèse antithèse synthèse, commentaire de texte ou autre truc à la gomme où je me suis toujours senti enfermé. Je continuais toujours de lire de la BD et uniquement ça. En ayant une nette préférence pour Achille Talon, avec ses bulles immenses et ses tournures de phrases alambiquées (Dieudonné Corydon). Beaucoup de mes phrases sont aujourd'hui encore construites "à la Greg" (Greg est l'auteur d'Achille Talon, pour les incultes) et mon vocabulaire s'est sans doute enrichi énormément à la lecture et relecture des dizaines d'albums que j'avais à la maison.
Malheureusement, je n'ai jamais pu réinvestir ces connaissances dans mes devoirs, et j'ai eu un double 9 au bac. Ni catastrophique, ni correct. Des notes qui reflétaient assez bien mon désintérêt pour la matière à cet âge.

Ce n'est que quelques années plus tard que je me suis remis à écrire, des lettres, notamment, je vous laisse deviner à qui elles étaient adressées.
Après les lettres, ce fut des mails, de plus en plus, et en y trouvant de plus en plus de plaisir. À la naissance de numéro 1, j'ai couché sur le papier électronique un petit texte en guise de faire part non officiel, que j'ai envoyé à quelques collègues et amis. Les retours étant très positifs, j'ai alors rendu public de plus en plus de choses que j'écrivais et j'ai fini par créer ce blog, en 2005, puis écrire un roman comme ça pour rire, puis un deuxième et aussi une pièce de théâtre...

Ce goût pour l'écriture a bien failli être totalement détruit par l'Education Nationale, censée au contraire l'encourager. Je lui en veux encore beaucoup pour ça.

Et vous, vos souvenirs de français ? Bons ou mauvais ?