Déjà les jeux vidéos avaient bien atteint mon réalisme sur les questions de la vie, je me rends compte aujourd'hui que mes choix ont accentué le phénomène. Numéro 1, 2 et 3 sont nés avec des écarts de trois années chacun. Depuis une dizaine d'années maintenant, ma vie est un éternel recommencement : le biberon, les couches, l'apprentissage de la marche, l'entrée à l'école, le vélo sans roulettes... La même chose, tous les trois ans, trois fois.
Tous les ans, des vacances, un noël, une rentrée des classes... Et l'impression que cela durera toujours.

Et puis un jour, on se rend compte que Numéro 1 va sur ses dix ans, qu'il n'y aura pas (Dieu merci !) de Numéro 4, et que ce qui semblait infini encore hier est devenu terriblement sporadique, fugace, ephémère.
Combien d'années encore pour trouver la destination de vacances idéale ? Combien de Noël à faire ensemble ?

Dans une petite dizaine d'années, Numéro 1 aura 20 ans, aura-t-il encore envie de passer ses vacances avec nous ? Est-ce seulement souhaitable qu'il le fasse ? Le souhaite-je ? Combien de jouets va-t-on choisir avec lui sur le catalogue de Noël ? Trois ? Quatre ?

De l'infini aux doigts d'une seule main, je n'ai rien vu passer.