Ce matin, sur RTL, Jean-Louis Borloo était l'invité de Jean-Michel Aphatie pour être interrogé sur le fameux "Grenelle de l'environnement", dont on ne sait pas bien ce en quoi il va consister.
C'était l'occasion pour moi d'entendre le ministre pour la première fois sur ce sujet qui lui a été attribué plus ou moins malgré lui, suite à la fin politique tragique d'Alain Juppé.

Je vous invite à réécouter l'interview sur les podcasts RTL, elle vaut son pesant de cacahuètes... D'entrée de jeu, on sent le ministre assez peu à l'aise, bredouillant, confus. Un peu comme le bachelier à l'oral qui a fait l'impasse sur le sujet qu'il vient de tirer au sort. On sort une citation de Churchill, ça mange pas de pain et ça fait gagner un peu de temps, on dit que la biodiversité, c'est important, et qu'il y a des concerts pour la planète ce week-end, mais les questions du journalistes deviennent plus pressantes :

"Concrètement le Grenelle de l'environnement, ça va être quoi ?".

Et là, c'est le drame. Borloo se lance, sans filet :
"L'écologie, c'est quoi ?
C'est d'abord lutter contre le réchauffement climatique [...] ça passe par un certain nombre de mesures opérationnelles, la biodiversité ce sont des mesures opérationnelles..."

Je répète avec mes mots pour que tout le monde comprenne bien le fin technicien de l'écologie qu'est notre ministre : l'écologie selon Borloo, c'est le réchauffement climatique et la biodiversité, la biodiversité étant une mesure opérationnelle pour lutter contre le réchauffement.
Ben oui, la biodiversité c'est important, je pense qu'il faudrait plus de biodiversité dans les transports en commun d'ailleurs. Et puis un crédit d'impôts sur la biodiversité, ça pourrait faire avancer les choses dans le bon sens. Ça au moins c'est concret !

Ensuite, Borloo décline les domaines concernés par le réchauffement : les transports, la maison, l'énergie... Puis il prend un fabuleux exemple pour bien illustrer son propos :

"- Vous voyez, dans ce studio, il y a des ampoules.
- Oui, c'est parce que nous vous filmons
- Eh bien, si elles étaient, d'une manière générale à basse pression, si tout le monde utilisait des lampes basse pression, en France, ça économiserait une centrale nucléaire."

La dernière fois que j'ai acheté des ampoules, j'ai pas pensé de vérifier à combien de bars elles étaient gonflées. Je ferai gaffe la prochaine fois. L'ampoule basse tension, ou basse consommation, c'est le tout premier niveau d'implication écologique. La plupart des foyers français en ont au moins une, et savent son nom. Borloo, Ministre de l'Environnement, ne le sait pas.

Sur la fin, ça devient moins intéressant, j'ai relevé tout de même :

"L'inaction : c'est la mort de la planète"

Ah ben non, la planète, elle, elle ira plutôt mieux quand on aura tous crevé avec nos ampoules basse pression.

Le journaliste, qui n'a pas relevé toutes les énormités, termine tout de même avec :

"- C'est pas une vocation pour vous l'écologie...
- L'écologie, c'est instinctif..."

J'en déduis qu'avant 8h, les instincts de Borloo ne sont pas tous réveillés.