Ce n'est pas moi qui le dit mais Corinne Lepage et Bernadette Chirac.
Cependant ne voyez pas dans ce billet une basse manoeuvre opportuniste et lâche. Cela fait longtemps que j'observe et je ne peux que conclure que nous les hommes, n'arrivons pas à la cheville de nos compagnes, dans la plupart des cas.

Et c'est peut-être en ces lendemains de fêtes que cela est le plus flagrant, c'est en tout cas ce qui m'a conduit à écrire ce billet. Après avoir copieusement réveillonné, après s'être couché plus tard que de raison, après avoir porté toute notre attention et flingué nos plus beaux tournevis sur les gadgets chinois avec notice en coréen qui font une musique insupportable quand on a le malheur d'avoir réussi à y mettre des piles... Après tout ça, qui est la première à se lever pour s'occuper des enfants qui n'ont dormi que d'un oeil pour s'assurer de ne pas louper une seconde d'utilisation de leur tout nouveau super-jouet qui clignote et fait des trucs et des machins avant le petit déjeuner ? Qui se lève le premier ? Pas moi.

Enfoncé entre mes deux oreillers gros comme des édredons, je n'entends généralement pas quand la petite dernière se laisse négligemment tomber une enclume sur le pied droit, ni le cri qui va avec. Qu'ouis-je ? Bah, j'ai du rêv... ZZzzzzZZZ.

Une femme résiste à la fatigue comme une porte blindée résiste à une tentative d'ouverture avec un coton-tige (mouillé). Quand il s'agit de remettre ses poussins dans le droit chemin, de faire du ménage ou du rangement, ou plus généralement de s'occuper des autres, une femme est capable de puiser de l'énergie dans des proportions affolantes.
Je vous passe le lieu commun de l'accouchement dans la douleur, et les innombrables "portés" qui le précèdent et le suivent, exerçant sur la colonne vertébrale et les muscles de nos femmes des pressions répétitives et usantes.
L'énergie des femmes est renouvelable, on dit même qu'elles la puisent dans leur cellulite, c'est dire s'il y a de la marge !

J'imagine déjà les mâles lisant ce billet avec un sourire convenu. Soit parce qu'ils réfutent la thèse en bloc, soit parce qu'ils se disent que pour eux, c'est différent. Eux participent aux tâches ménagères. Eux s'occupent aussi des gosses. Eux aussi font la cuisine sans sourciller. Sans doute s'imaginent-ils que je suis un sale macho dont la seule attention pour sa secrétaire consiste à écrire un blog complaisant de temps à autre...
Ils se trompent (enfin, je crois !). Qui croyez-vous qui cuisinât le poulet fermier farci au cognac du réveillon (à ne pas confondre avec la dinde au Whisky) ? Et j'apporte également mon soutien autant que faire se peut et dans la limite de mes (in)compétences et de mon état de fatigue aux lessives, ménages et autres corvées éducatives.

Mais voilà, je suis aujourd'hui une loque qui rampe jusqu'au canapé pour garder l'espoir de tenir l'oeil ouvert jusqu'à minuit le soir de la Saint Sylvestre. Pendant ce temps, ma secrétaire, avec deux fois moins d'heures de sommeil au compteur, des pleurs de gosses plein les oreilles, une tonne de repassage sous le fer, assure sans sourciller la piscine et la course à pied toutes les semaines.

L'homme flanche, là où la femme résiste. Cette malédiction nous poursuit jusque dans les moments intimes...