Je sors donc d'une semaine de vacances, ce qui n'a pas arrangé le rythme de mon blog qui était déjà très irrégulier avant.
Dans la vie un peu speed et stressante que nous avons tous plus ou moins, on attend généralement les vacances avec une impatience non dissimulée et on essaie d'en profiter un maximum. Je dis bien "on essaie", parce que les chances de réussite sont moindres.

Les vacances nous servent d'abord à nous reposer. A oublier pendant quelques jours la sonnerie stressante du réveil à une heure inconcevable pour un cerveau normalement constitué. On s'imagine rattraper d'un coup toutes les heures de sommeil qu'on a égarées aux détours des longues semaines de labeur. La première chose qu'on a donc envie de faire pendant ces vacances, c'est : rien.
Mais voilà, le deuxième but des vacances, c'est de faire tout ce qu'on a pas pu faire pendant les semaines "normales". S'occuper plus et mieux des enfants, sans nervosité. Régler les problèmes d'intendance et d'administration du foyer. La chasse d'eau qui fuit, la renégociation des prêts immobiliers, l'achat de vêtements, d'équipement divers...

Et voilà, en deux paragraphes est posé le dilemme inextricable : se reposer ou faire ce qu'on a pas pu faire. Et un choix stratégique à faire entre trois possibilités :

Ne rien branler du tout :
Passer du sommeil au repas, faire la sieste, re-manger, dormir, glande. Vaste programme, il faudrait des mois pour en faire le tour.

Optimiser à mort le temps disponible
Multiplier les activités enfin possible grâce aux plages libres. Se démener pour qu'à la reprise, plus rien ne nous pèse parce que vaguement en attente d'une issue incertaine.

Adopter une attitude modérée
Tantôt bosseur, tantôt branleur, ne pas se prendre la tête et abandonner les tâches rébarbatives dès que le sentiment de lassitude survient. Se remettre au boulot dès que le sentiment de honte arrive.

Personnellement, je suis incapable de me laisser aller dans les extêmes des deux premières propositions. Je choisis donc la troisième voie, de dépit. Je gère, j'optimise, mais je laisse couler le temps, je lâche prise.

Le résultat est bien évidemment décevant : le dernier soir avant la reprise, une bète insomnie ne nous fait dormir que quelques heures, nous laissant largement le temps de faire le bilan de tout ce qu'on n'a pas pu faire, de tout ce qui a foiré dans nos plans "feignasse" et dans nos phases courageuses. Le lendemain au bureau, les yeux hagards, le pif explosé par un rhume qui a duré toutes les vacances, il faut se rendre à l'évidence : on est bien plus fatigué qu'avant les vacances. Et déjà on se dit ce qu'il faudra changer la prochaine fois.

La prochaine fois, justement, ce seront les vacances d'été, généralement plus longues, plus ensoleillées, plus gaies, plus chaudes. Se pose alors la question de la durée idéale, pour nous les chanceux qui avons ce choix. Evidemment, l'unique semaine est à proscrire. On a juste le temps de prendre le rythme que c'est déjà fini. En deux semaines, le corps se repose, mais impossible de faire des projets un peu conséquents, des projets qui sont par ailleurs nécessaires pour le bon fonctionnement du foyer (des grands travaux ou des grands moments de ressourcement). Trois semaines me semble la durée idéale. Au delà, je crains de ne plus jamais avoir le courage de repartir au boulot.
J'exerce pourtant un métier passionnant et avec lequel j'éprouve de nombreuses satisfactions. Mais la contrainte des horaires, pourtant très raisonnables en ce qui me concerne, est plus forte.

Ce qui m'amène à la conclusion simple mais efficace : J'ai pas le temps !