Rien vraiment ne change, mais tout est différent,
comme ces festins qu'on mange seul ou en les partageant.

J'ai le sentiment que la notion de "partage" prend un sens nouveau, ces derniers temps. Peut-être internet a-t-il dépoussiéré cette vieille notion presque religieuse, en permettant à ses utilisateurs de s'échanger des idées, des fichiers, des objets beaucoup plus facilement.

Ce n'est pas un hasard si le parti pirate qui prône ce nouveau type de partage connaît un succès grandissant en Europe, c'est que nous sommes arrivés au bout d'un cycle où la propriété privée commence à empiéter sur le domaine public. L'extrême-richesse de quelques-uns, en plus de leur être complètement inutile à l'échelle d'une vie humaine, est proportionnelle aux privations des plus pauvres à leur profit.

Au risque de parler comme un curé de campagne à ses bigotes du dimanche matin, je l'affirme : partager rend plus heureux et enrichit. Et le partage peut prendre différentes formes, je vais en citer quelques-unes :

- Ce peut être, par exemple, ne pas prendre sa part du gâteau, quand on n'en a pas besoin. ''Pourquoi vendre toujours, quand y a tant à donner ?". S'investir bénévolement dans une action collective ou personnelle, juste pour le plaisir de partager.

- Partager son avis, sur un forum, dans les commentaires d'un blog, lors d'une réunion de famille ou autour de la machine à café du bureau. Voilà typiquement un exemple de partage qui enrichit. En confrontant ses idées à celles des autres, on affûte ses arguments, on comprend certaines choses.

- Partager de la musique, des livres, des films, en les prêtant, les donnant ou en invitant les autres à les écouter, visionner avec vous. Mes meilleurs souvenirs au cinéma sont ceux que j'ai pu partager avec des gens que je savais intéressés par la projection.

- Partager sa vie avec quelqu'un, c'est multiplier les rencontres, les expériences, les dialogues.

A l'inverse, l'enfermement qui consiste à garder pour soi ou son cercle restreint, ses rancœurs, ses richesses, ses plaisirs solitaires, ... ne peut conduire qu'à la déprime, la tristesse et la pauvreté in fine.

Sur ce, je passe dans les rangs pour faire la quête... de commentaires.