Ce qu'il y a de bien dans l'Education des enfants, c'est qu'il n'y pas de "règles de l'Art". Chacun fait comme il veut. Seuls maitres à bord, les parents peuvent tout expérimenter, en s'inspirant bien sûr de la littérature, de l'expérience de leurs propre parents sur eux, de leurs amis (en général dans ce cas, on essaie de ne pas faire pareil !)...

En résumé, c'est... du grand n'importe quoi. On tatônne. On essaie, et... on se plante lamentablement.

Voici rassemblés ici, les principaux pièges qu'il vaut mieux essayer d'éviter. Ou plutôt essayer de reconnaître quand vous serez tombés dedans, car vous ne les éviterez pas !

Piège n°1 : Utiliser l'ironie pour communiquer avec ses enfants.

Le principal problème avec les enfants, c'est leur vocabulaire plus que limité. Oubliez les mots de liaison, formule de politesse, effets de style, métaphore. Allez à l'essentiel.
Notre culture moderne, notre forme d'humour, le plus souvent, est basée sur l'ironie. On se moque de tout, tout le temps. On pratique la dérision à chaque phrase. Eh bien ça, croyez-moi, ça ne passe pas du tout.
Exemple : votre monstre n°1 (on l'appelle aussi l'aîné, mais dans ces moments-là, c'est un qualificatif beaucoup trop positif) vient de faire, par maladresse, la catapulte avec une cuillère de purée. Votre chemise est ruinée. Passablement énervé par ce non-évènement (ça n'arrive pas souvent, en fait : seulement chaque fois que vous faites de la purée), vous vous laissez aller à dire, comme vous le feriez pour un collègue maladroit à la cantine : "La prochaine fois, tu vises ta mère".
A votre avis, que va comprendre le gosse ?

Piège n°2 : Se présenter comme un exemple

A ton âge, je faisais déjà du vélo sans roulette ! Niveau zéro de la motivation, on tente souvent l'émulation par l'exemple. C'est pratique, on sait de quoi on parle, on sait que ça a déjà marché une fois. Bref, c'est confortable de se raccrocher à des trucs connus quand on navigue dans le brouillard (de nuit et sur une mer déchainée).
Si nous pouvons être fiers de certains passage de notre enfance, d'autres sont beaucoup moins glorieux. Ceux-là, on les passe sous silence, espérant qu'ils ne ressortent jamais.
Un dimanche banal, chez les grands parents, séance diapo d'il y a 30 ans. On vous reconnait fièrement sur votre vélo sans roulette, et vous en profitez pour faire un petit rappel éducatif à votre progéniture.
"C'est quoi le rond, là, sur ton pantalon ?"
"Ben, c'est... je sais pas... La trace de la selle peut-être ?"
Et là, la grand-mère, votre propre mère (si c'est pas malheureux) détruit d'un coup des semaines d'Education forcenée :
"Non, tu avais fait pipi dans ta culotte. Tu as su faire du vélo sans roulette avant d'être complètement propre la journée. Incroyable, non ? C'est à l'école que ça posait problème, tu te rappelles, le nombre de fois où la maitresse a dû changer tes vêtements pendant la classe ?"
"C'est bon maman, n'en rajoute pas"
"Y a même une fois ou tu avais ch..."
"STOP !"

Piège n°3 : Penser que le modèle d'éducation qu'on a reçu est le seul valide

En général, chaque enfant a deux parents. Chacun d'entre eux ayant reçu une éducation qu'il croit parfaite et idéale. Les problèmes que cela soulève sont multiples :
- Si les deux parents ont reçu une éducation différente, il y a conflit, inévitablement.
"Tu as allumé la télé ? Mais... On va passer à table !"
"Ben quoi ?.."

- Entre votre époque et celle de vos enfants, trente ans de progrès, de changements sociaux, de modes se sont passés.
"Regardez les gosses, je vous ai téléchargé l'intégrale de Goldorak !"
"T'as pas plutôt les Zinzins de l'espace ?"

- Ce qui a marché pour vous ne marchera pas forcément pour vos enfants.
"Tu vas voir, avec des légos, ils vont jouer pendant des heures, comme moi à leur âge..."
"Mais... Mais non ! On ne joue pas au docteur avec ça ! Ce ne sont pas des suppositoires !"

Piège n°4 : Faire confiance, et se reposer sur l'Ecole

Une vision assez utopique du rôle de parent est de se dire : l'Ecole s'occupe des apprentissages fondamentaux et moi je joue avec eux le week-end. Non seulement l'Ecole n'apprendra pas à votre enfant à pédaler ou à lier ses lacets, mais vous devrez lui venir en aide pour la lecture, l'écriture, le calcul et toutes ces choses qui sont pourtant très scolaires.
"(La maitresse, avec le sourire :) Aujourd'hui, votre fils s'est fait remarquer à l'Ecole"
"Ah ? Il a eu un "très bien" ?"
"Non, il est le seul à avoir chier dans la piscine."

Piège n°5 : Faire confiance, et se reposer sur les grands parents

Retraités, avec plein de temps disponible, de l'amour à revendre pour leur petits enfants (puisqu'ils ne supportent plus leur conjoint, après tant d'années, ils ont fait un transfert), on peut croire que les grands parents sont les précepteurs parfaits. En plus, ils ont pratiqué une éducation idéale sur votre personne, ce dont vous vous rendez compte chaque jour puisque vous êtes le meilleur (en tout).
Malheureusement, vos parents ont vieilli. Ils sont infoutus de se pencher en avant, de porter les enfants, de rester debout trop longtemps, de supporter le bruit, de ne pas faire de sieste... Et puis, là aussi, la société a changé.

Apprendre à faire du roller sur la petite route de campagne devenue nationale très fréquentée, trente ans plus tard, ce n'est pas forcément une bonne idée. Passer le samedi après-midi devant "La chance aux chansons", vautrés devant la télé, avec le chauffage à 28°C, ce n'est pas précisément l'Education que vous souhaitiez pour vos enfants.
Sans compter que le grand parent est incapable d'exercer la moindre autorité sur ses petits enfants, ce n'est pas son rôle. C'est donc la débâcle et le relachement total quand vous arrivez le soir pour les récupérer :
"Alors, vous avez fait quoi cet après midi avec papy et mamy ?"
"Papa, je voudrais apprendre à jouer de l'accordéon !"

Piège n°6 : L'escalade des punitions

Après un week-end chez papy/mamy, il faut un peu de fermeté pour remettre les pendules à l'heure. Tolérance zéro, pas un écart de comportement n'est admis. Punition à chaque dérapage.
Rapidement, cela devient intenable. Lorsque votre cadette est privée de dessert jusqu'à l'âge de la retraite, et que son frère doit faire 300 pompes, corvée de chiote, passer l'aspirateur, refaire le papier peint de sa chambre, tondre le gazon... Il est tant de se poser quelques questions.
Sans compter que la punition se retourne toujours contre son auteur. Personne n'a droit à un dessert, précisément quand il y a des yaourts à finir dans le frigo. Le passage de la tondeuse s'est terminé aux urgences...

Piège n°7 : lire les blogs en espérant y trouver la solution miracle...